Nomad Journey Logo

Varanasi

Atmosphère unique sur les bords du Gange

Aug 19, 2018 comment(s)

Varanasi n’était pas dans notre itinéraire initial. Mais beaucoup de gens nous ont fait part de leur enthousiasme pour cette étape de leur voyage. Nous en avions entendu parler comme la ville sacrée où les gens viennent mourir. Nous voulions voir de nos propres yeux ce que nous avions imaginé comme la « vraie » Inde.

Une des plus vieilles villes du monde

Après un long voyage d’Ouest en Est de l’Inde, nous sommes enfin arrivés à Varanasi, le nouveau nom de Bénarès. C’est ici que se situe le Gange. Elle est aussi connue pour être la ville de Shiva. Le dieu qui fume de la marijuana, porte un cobra comme collier et est associé au taureau.

Environ 60 000 pèlerins viennent chaque jour ici pour se laver dans l’eau sacrée de la rivière et ainsi se libérer de leurs péchés. Selon l’hindouisme, si une personne meurt à Varanasi, cela stoppe le cycle de la réincarnation et elle atteindra alors le nirvana. C’est pourquoi nous croiserons des hommes vieux et malades attendant leur heure.

Il n’y a pas grand-chose à « faire » ici, pas de fort, pas d’énorme temple sculpté mais une atmosphère unique que je n’ai jamais ressenti dans aucun de mes voyages auparavant. Nous avons passé 3 jours à nous balader sur les ghats et dans la vieille ville. Les ghats sont ces marches qui bordent le Gange. Il y en a 88 !

La rivière était en crue car nous y étions pendant la saison des pluies. Nous ne pouvions donc pas marcher de ghats en ghats mais devions entrer dans la vielle ville à chaque fois. Marcher dans les ruelles de cette ville était juste incroyable : marchés, temples, vaches, taureaux (souvenez-vous Shiva) mais aussi leur bouse. C’était toujours très animé voire même bondé, nous nous sommes retrouvés plusieurs fois coincés dans la foule à ne plus pouvoir avancer !

C’est aussi très coloré. Beaucoup d’hommes sont en orange et les femmes portent toujours des saree de toutes les couleurs. Nous avons également vu des sadhu, ces hommes qui ont fait le choix de quitter leur famille pour suivre une voix religieuse. Ils ne se rasent pas et ont donc une longue barbe et des cheveux longs. Ils ne travaillent pas et vivent de la charité des gens.

Balade sur la rive du Gange

Nous avons passé beaucoup de temps sur les ghats. Il y en a des vraiment différents. Certains sont calmes et on pourrait même se sentir au bord d’une rivière à la campagne. D’autres sont remplis d’une foule de gens enthousiastes. Nous avons regardé les hindous faire leurs ablutions dans le Gange. Certains se lavent entièrement et cela devient une routine. Pour d’autres c’est un pèlerinage et on pouvait ressentir leur excitation.

Le fait que le Gange soit considéré comme la 5eme rivière la plus polluée du monde ne les effraie pas ! Tous les jours sont jetés des déchets, eaux uses, cadavres, animaux etc. De notre côté, nous avons timidement touché le Gange après que notre guide ait insisté car cela nous garantirait un mariage heureux.

Un très bon moyen de voir les ghats est aussi de prendre le large. Nous avons réservé un tour en bateau pour le lever du soleil. Nous avons démarré à Assi Ghat, au sud, où a lieu chaque matin une cérémonie suivie par une session de yoga collectif. C’était très sympa de découvrir la ville et ses habitants s’éveiller. L’heure sur le bateau était top avec une luminosité superbe, le point de vue étant vraiment différent. 

Un moment fort aura été la visite du ghat où ont lieu les crémations. Il fonctionne 24h/24 et 7j/7, il y a parfois jusqu’à 7 corps brulant en même temps avec un feu vieux de 300 ans. On sent la fumée à des centaines de mètres du site. Avant d’y accéder, nous avions vu une famille apportant le corps d’un défunt sur civière au crématoire. Le corps des femmes sont enroulées d’un drap orange, les hommes en blanc. Après avoir payé une grosse somme pour le bois du bucher, les familles allument le feu. Ils jetteront ensuite les cendres dans le Gange (si tout n’a pas brule avec le bois acheté, les restes seront jetés avec…) On nous a dit que les femmes étaient interdites sur le lieu pour éviter un trop plein d’émotion. Nous avons été assez surpris de voir le calme des hommes qui portent le corps de leur proche. Ici pas de pleurs, pas de discours. Pour nous, il était difficile de respirer et même de regarder.


Il est difficile de décrire l’ambiance de cette ville. Il faut le vivre ! Cette étape restera définitivement un temps fort de notre tour du monde.