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Marrakech

La ville ocre

Jun 21, 2018 comment(s)

C’est avec une grande hâte que nous rejoignons la gare routière de Casablanca (CTM) pour nous rendre à Marrakech. C’est un week-end très attendu car Annabelle y est allé plusieurs fois et mourrait d’envie de me faire découvrir cette ville. Les 3 jours précédents, elle a pris le temps de me préparer à l’ambiance pour que je ne sois pas surpris ou agacé.

Jour 1

Nous arrivons en fin d’après midi dans notre superbe riad bleu et blanc typique du Maroc (hôtel riad Essaouira). Il se trouve juste à côté de la place Jema El Fna, dans une petite rue calme loin de l’agitation.
Nous buvons un jus d’orange frais sur la terrasse du Café de France (la meilleure vue est au tout dernier étage) qui nous permet de voir la place s’organiser pour la soirée. Notre premier dîner Chez Chegrouni sera traditionnel et végétarien ! Nous engloutissons un délicieux tajine et couscous de légumes, accompagné de thé a la menthe bien sur !

Jour 2

Le lendemain matin est réservé à la visite du jardin Majorelle et du musée Yves saint Laurent se trouvant l’un à côté de l’autre. La jardin appartenait au peintre Jacques Majorelle et fut laissé à l’abandon après sa mort puis repris par la fondation Pierre Bergé - Yves St Laurent dans les années 80. Il est magnifique, luxuriant avec plantes, cactus et fontaines et toujours une dominante de bleu.

On visite également le musée berbère qui donne des informations intéressantes sur les traditions de ce peuple (vêtements, bijoux, outils et coutumes). On retiendra particulièrement que c’est un peuple millénaire dont la langue se transmet désormais uniquement verbalement.
Le musée YSL surprend par sa modernité et le contraste avec le reste de la ville. Il y retrace les moments clés de la vie d’YSL et met en lumière quelques vêtements exceptionnels. Cette salle toute noire où seules les robes sont mises en valeurs est magique. 

Après avoir mangé un tajine sucré/salé à la Cantine des Gazelles, nous passons l’après midi à arpenter les allées du souk tant redouté ! Les rues sont étroites et chaque moto qui passe nous frôle de près. Dans le souk, les vendeurs se regroupent parfois par domaine. Ainsi, on trouve le souk des olives, des babouches, des artisans, des épices, des vêtements de sport, du cuir etc. Toutes les étales sont plus surchargées et colorées les unes que les autres. On y trouve de tout en grande quantité. Chaque vendeur a sa technique pour attirer notre attention. Du classique « Bonjour, soyez les bienvenues », au plus original « c’est gratuit jusqu’à la caisse », ou encore « ici c’est moins cher que gratuit ». Il y a aussi ceux qui nous demandent ce qu’on cherche et essaient de nous vendre ce dont nous n’avons pas besoin ou ne voulons pas. Nous nous en sortons bien puisqu’on nous n’achetons qu’une paire de basket pour moi et une bague pour Annabelle ! Tour du monde et petit sac à dos obligent... Avec Annabelle qui adore négocier mais n’achète pas toujours, tout est prétexte pour simplement rigoler avec les locaux. Vous l’aurez compris, nous passerons des heures à errer dans les ruelles de la médina pour parler avec les marocains et admirer les maisons et riad couleur ocre.
Le soir, nous grimpons sur une des nombreuses terrasses panoramiques de la médina, chez Zaza, pour observer le coucher de soleil sur les paraboles de la ville. Le moment est magique.

Jour 3

Après un petit déjeuner mouvementé pris sur la terrasse de notre riad (de nombreuses abeilles nous tournaient autour et Annabelle en a très peur), nous nous rendons à l’école Riad Zitoun se trouvant sur la route de l’Ourika à environ 30 min en voiture. En effet, des amis des grand-parents d’Annabelle, du temps où ils vivaient au Maroc, nous ont mis en relation avec des membres de leur famille qui ont créé une école en milieu rural dans le but de favoriser l’éducation des jeunes filles. Ceci par l’apprentissage de la couture et des métiers de l’hôtellerie. Aujourd’hui, c’est la fête de l’école et nous sommes invités à partager ce moment avec eux. Au programme, chanson, danse, remise de diplômes, le tout dans la bonne humeur. C’était un moment très sympa à partager avec les enfants. Le contraste entre eux et le tourisme de masse de Marrakech est vraiment surprenant.

L’après midi, nous visitons le Palais Bahia, sublime par ses formes, sa taille et ses couleurs. Les toitures en bois de cèdre sont somptueuses. Il y a beaucoup de salles et il est possible de se retrouver sans touriste parfois. C’est paisible et agréable pour une fin d’après midi. Nous profitons d’un des jardins pour apprécier le temps qui passe.

Nous rentrons nous faire beaux car ce soir nous sommes de sortie ! Nous avons réservé une table au restaurant Palais Jad Mahal ou il y a un spectacle chaque soir, ambiance 1001 nuits : cracheurs de feu, danseuses du ventre. Les plats sont délicieux, l’atmosphère tamisée, le lieu magnifique et les danseuses très belles ! Nous avons passé une excellente soirée.

Jour 4

Pour notre dernier jour, nous commençons par une grasse matinée et décidons de ce que nous ferons en petit déjeunant. Toujours en faisant attention aux abeilles, Annabelle s’améliore de jour en jour. C’est décidé, nous visiterons les tombeaux Saadi. En arrivant, les lieux sont déjà bien occupés par les touristes, une grasse mat’ ça se paye. Cependant, l’endroit est très spirituel, avec une multitude de tombeaux. Les principaux étant ceux des rois Saadi. Une salle à l’architecture unique leur est réservée. Sans trop savoir comment ni pourquoi, nous y avons vu deux belles tortues de terre prenant le soleil. 

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons pour visiter le Palace de la Mamounia, l’hôtel le plus luxueux de Marrakech. On y trouve un immense jardin impeccablement entretenu, le tout entouré de remparts. 

Pour le reste de l’après midi, nous nous baladons de nouveau dans le souk. Ce sera l’occasion d’y retrouver Ayoub, vendeur d’épices et maintenant ami d’Annabelle, rencontré quelques années plus tôt dans ce même souk.
Enfin, nous prenons un jus d’orange frais sur la place et nous arrêtons sur la terrasse de l’Ancien Café, le temps d’attendre notre bus pour Casablanca. 


Marrakech n’a définitivement rien à voir avec Casablanca. Folklorique, authentique et intense sont les mots qui la définissent selon moi. Il y fait beau et malgré l’agitation permanente, il y a toujours une terrasse a proximité ou un jardin pour trouver un peu de calme. Les locaux y sont beaucoup pour le charme de la ville. Après de négociations acharnées, on en ressort toujours avec le sourire, en s’étant fait un nouvel « ami ».
Nous y reviendrons, c’est certain !